[MAJ] Pole in the Hole – Partie 1: Présentation & Scénario
Cela fait maintenant un petit temps que je n’ai plus écrit d’article sur le blog mais je songe à m’y remettre de temps en temps. Je comptais le faire pour Alice au Pays des Merveilles mais j’ai été tellement déçu par le film que j’en ai abandonné l’idée même si Disney s’en br**** fichtre tant qu’ils ont leur pognon (restons polis quand même)!
Bref, vivons dans le présent. N’ayant plus de blog personnel et mon hébergeur m’ayant lâché, j’ai demandé l’accord du gourou Lyricis pour écrire mes articles ici. Je reviens donc avec une série d’article qui s’étaleront jusqu’à mi-juin avec pour thème mon projet de fin d’année (pour l’école donc) qui a quand même un rapport avec un des thèmes du blog: l’animation!
Tiens, il fait de l’animation à l’école! Et oui, je fais des études d’infographie et je suis dans ma première année (18 ans only…) sur 3. Pour clore l’année en beauté, nous avons une série de TFA (travail de fin d’année) dont:
- Une animation (plus de détails après)
- Une borne interactive sur un artiste contemporain à créer avec Adobe Flash CS4 (script inside) (Frank Miller dans mon cas, j’en parlerai si ça vous intéresse)
- Un site web statique (xHTML)
- Des travaux en PAO (publication assistée par ordinateur: Photoshop/Illustrator/InDesign)
- Une ou deux bible(s) sur l’animation et un autoportrait (pas la bible avec les psaumes etc., j’expliquerai ça plus tard dans l’article)
Bref, c’est là qu’on se dit qu’il va falloir se mettre au boulot car il ne reste « plus que » 2 mois (en enlevant les vacances, première fois que je dis que les vacances m’emmerde).
Évidemment, le tout est à présenter devant un jury composé de mes professeurs.
1.1. Technique
Une animation oui, mais c’est large quand même. Voici les consignes à respecter:
- Respecter le thème choisi
Détails dans la partie « 1.2. Scénario » - Minimum de 30 secondes
30 bonnes secondes valent mieux que 5 minutes d’animation pourrie - Utiliser uniquement Adobe Flash CS4
Bah oui, on a dépassé la caméra multi-plans de Walt Disney - Pas de son
On va déjà commencer par animer… - Technique d’animation libre
Vous en faites pas, on y vient
Pourquoi Flash CS4? J’ai envie de dire que c’est parce qu’on tous un peu sado dans la vie et qu’on aime un logiciel qui plante souvent mais non! Quoi que, sado c’est cool!
Plus sérieusement, c’est simplement parce que, en plus d’être partout sur la toile et d’avoir son propre langage de coding (ActionScript, maintenant en version 3), Flash est un logiciel d’animation, pour les animateurs, créé par des animateurs. Bon, ok, ça m’étonnerait qu’ils utilisent ça chez Disney, Dreamworks etc. mais quand on sait que Les Lascars est fait sous Flash, ça devient intéressant non? Ah, d’ailleurs j’en vois deux dans le fond qui se réveillent. Bah oui, il y a du texte à lire!
Maintenant que le choix du logiciel est fait, parlons de la technique. L’utilisation d’un logiciel n’est pas anodin, bien évidemment. Grâce à cela, en plus de la facilité de création, on a le choix entre 2 techniques d’animation:
- Stop Motion
Comme son nom l’indique, on anime avec des éléments fixes. Autrement dit, on va venir dessiner chaque image une par une. Après, dire qu’on redessine chaque image est facile mais pas toujours vrai. Une des facilités est qu’on peut, via Flash, récupérer des éléments des précédentes images ou bien en faire ce qu’on appelle un symbole que l’on va à chaque fois récupérer pour le modifier un minimum.
Voici un exemple d’animation en stop motion pour un exercice pour le cours (stop motion totalement redessinée, d’où les scintillements!).Le problème est qu’avec cette technique, ce que ça prend pas mal de temps (et de patience aussi…) à tout redessiner par rapport aux autres images. Ici, ça tourne à du 14 images/seconde et c’est pas encore super fluide. C’est long (déjà 456 images dans l’exemple), facilité avec la fonction « pelure d’oignon » de Flash, mais ça donne un style particulier que j’aime bien.
- Interpolation
Sous ce nom un peu barbare se cache en fait un truc bien pratique. L’interpolation consiste à créer la première et la dernière image d’un mouvement et le logiciel va calculer lui-même les déplacements/modifications de l’occurrence/image/dessin. Dit comme ça, tout parait beaucoup plus facile mais ce n’est pas tellement le cas. Il est facile de créer un mouvement, de modifier son axe, sa courbe, de lui créer une accélération, etc. mais (il faut qu’il y ai un mais, sinon ce ne serait pas marrant) ça fait souvent des boulettes qu’on ne veut évidemment pas. Résultat, dans le cas d’un saut, suivi d’une chute, avec accélération, on est obligé de décomposer le mouvement en 4 parties minimum, 4 interpolation différentes: l’impulsion, la montée décélérée, la décélération au sommet de la courbe puis l’accélération lors de la chute. Bref, au final, ça devient quasi aussi long que de faire du stop motion, avec le style en moins.
En plus, de l’interpolation, il y en a 2 types + les anciens, plus des paramètres à tenir en compte mais comme on est pas à un cours d’animation, je ne vais pas développer ça…
Désolé pour la qualité un peu foireuse, Dailymotion a mal du prendre la vidéo. Je la remettrai sur mon Flickr le mois prochain (dépassé mon quota de 2 vidéos/mois, vivement que je me prenne un compte pro)
Au final, je choisis quoi?
Bah, au final, mélanger la stop motion (pour le style et les éléments « simples ») avec de l’interpolation pour la facilité de son utilisation. Je sais que je me contredis mais au final, l’interpolation, quand on l’utilise depuis 6 mois, on commence à la maitriser (j’aimerais pouvoir maîtriser les bugs de Flash aussi…).
Dans mon cas, même si je n’ai pas encore commencé à animer, j’ai dans l’idée de faire le décor en stop motion (mais genre 20/30 images bouclées pour toute l’animation) et utiliser l’interpolation pour les déplacements de mes personnages tout en utilisant la SM (je précise, SM = stop motion!) pour « fabriquer » leurs mouvements car l’interpolation ne peut pas tout faire quand même!
1.2. Scénario
Avant de commencer l’animation, faut un scénario non? 30 secondes, pour vous, bande d’impatients irrespectueux, c’est super court, mais pour l’animateur, 30s à un framerate de 24 images par secondes (débit standard), ça fait déjà 720 images à gérer… C’est là qu’on se rend vraiment compte de l’échelle des temps! J’ai essayé de modifier un lecteur vidéo pour que les secondes durent moins longtemps mais ça marche pas. Ou bien je ralentis le temps, mais on aura le temps de voir tous les défauts. Fock, je me suis encore fait avoir. Avec une répétition du mot temps dans un si cours laps de temps, je crois qu’il est temps de passer à autre chose, histoire de passer le temps. C’est poétique, non?
Après avoir, dans la première partie de l’année avoir eu des cours d’écriture de scénario. Oui ça existe, et c’est cool (ça glande aussi mais c’est cool quand même, mais heureusement, Youtube existe, notre blog de cinéma favori aussi).
Bref, précédemment dans l’article, j’ai parlé du fait que le choix entre différents thèmes devait se faire. Les voici:
- Kiscool, c’est frais mais c’est pas grave
- Stimorol, mâchez danois
- Mentos, le déclic fraîcheur
Mon choix s’est porté sur Kiscool, non pas par facilité mais quand on se sent inspiré par un thème, on s’y accroche, même si au final, mon scénario est également valable pour Mentos. Au passage, je porte mon plus profond respect à ceux qui on choisit Stimorol, avec un slogan pareil…
Si, je le vois dans vos yeux, vous voulez le lire ce scénario, hein? Bah il est pas encore écrit! Pas de chance! Par contre, le synopsis l’est déjà, je l’ai même réécrit proprement rien que pour vous.
Le grand, beau et magnifique synopsis:
Dans un poulailler, le gérant passe comme tous les matins nourrir ses poules. En parsemant les graines tout autour de lui, il laisse tomber un bonbon Kiscool de sa poche. Interrogé et surtout surpris, « le poulet » attend que le gérant ait fini son travail et s’en aille pour s’approcher de l’objet et ainsi répondre aux questions qu’il se pose. Concluant qu’il n’encoure aucun risque, « le poulet » mange le bonbon sans craintes. Cependant, un mouvement de froid s’empare de lui et en soufflant, son air étant si froid qu’il transforme tout le poulailler en banquise et ses compagnons en pingouin, seul lui reste sous sa forme normale. Après plusieurs heures d’amusement sur la banquise, la nuit tombe. Le lendemain matin, le gérant arrive, comme tous les jours et laisse à nouveau tomber un bonbon Kiscool de sa poche. Cette fois-ci, « le poulet » ne s’interroge plus et cours directement vers la douceur fraîcheur et s’en empare, il relève la tête et la vague de froid s’empare de lui. A ce moment, le plan change et le slogan « Kiscool, c’est frais mais c’est pas grave » apparait sur l’écran et on peut apercevoir la banquise et les pingouins s’amuser dans le fond.
Quoi, vous aimez pas la volaille? Bon, au sinon, l’idée a été retenue et développé par facilité (c’est quand même la première animation « complète » qu’on va réaliser!) et parce qu’elle plaisait, tout simplement. D’ailleurs, si vous avez des remarques à ce propos, n’hésitez pas, il est encore temps pour les modifications!
A partir de ce synopsis va découler un scénario complet. Mais si, vous savez, les trucs avec « SCENE 01 – Dans un poulailler – EXT. JOUR (matinée) » au début de chaque paragraphe. De ce scénario va découler un storyboard (chaque scène, enfin, chaque plan, chaque mouvement important est dessiné, tout comme les mouvements de caméra, l’emplacement de la lumière, des persos, … Et tout ça, on va en faire quoi? Tout d’abord, il n’y a rien de plus utile pour être ordonné. Cela permet de ne pas s’attarder sur l’histoire pendant qu’on anime. Pas top de penser à 213512 choses en même temps. De plus, tout ces éléments (pitch, synopsis, scénario, storyboard + model sheets dont on va parler après) vont être regroupé dans ce qu’on appelle « The Holy Bible ». Non pas vraiment, on appelle ça une Bible. Etant donné que ça rentre dans le thème de l’animation, sa réalisation sera également détaillée dans les articles.
1.3. Style graphique
En plus de dépendre de la technique d’animation choisie, le style graphique dépend de l’animateur/dessinateur. Moi quoi (sauf que dessinateur, ça je le suis pas, sauf pour faire des carrés et des ronds). Le style graphique n’est pas établi lorsqu’on anime mais en « pré-production », en même temps que l’élaboration du scénario/storyboard. Pour ce faire, on va réaliser des artworks (pas toujours utile, moi j’en ferai pas) et surtout des model sheets.
C’est quoi un model sheet?
Un model sheet, c’est simple. C’est une feuille (bah oui, sheet ça veut dire feuille) sur laquelle vont être dessinés plusieurs positions du personnage et ses expressions. Par position, j’entends par là debout. En général, on réalise celles de face, de profil, de dos et de trois quarts [blague lourde] non pas quatre, sinon c’est du gâteau [/blague lourde]. Cependant, si on est sûr qu’on aura pas besoin d’une position, on peut la supprimer. Les expressions, on ne réalise que le buste pour bien montrer les froncements et mouvements du visage.
Évidemment j’ai un exemple pour vous. Une preview du prochain article en plus (comme-ci il y avait 20.000 personnes qui attendent déjà la partie 2 avec impatience. Laissez moi rêver nondidju! Tiens, nondidju, c’est un belgicisme? Stop aux apartés!)
Conclusion
Résumer en quelques mots cet article? La vache, j’ai du boulot!
Plus sérieusement, j’espère que vous avez trouvé ce premier article intéressant et que je vous aurai appris au moins un truc. J’ai tenté autant que possible d’éviter que l’article ne soit qu’un bête bloc de texte insignifiant et qui donne pas envie d’être lu en l’agrémentant d’exemples par-ci par là, j’espère que ça a réussi et que vous aurez eu le courage de lire ces 1944 mots, et oui, déjà! Pas de chance, il y en a encore quelques uns!
Note sur le titre #1: En ce qui concerne le titre, il ne sera pas directement utilisé dans l’animation, c’est juste pour s’y retrouver et donner un nom pour quand on en parle au lieu de dire « Mon animation réalisée à l’aide de l’application d’animation Adobe Flash® Professional CS4 dans le cadre de mon travail de fin d’année ». C’est quand même pratique un titre!
Note sur le titre #2: Pourquoi ce titre? Pole parce qu’il y a la banquise. In the Hole car le poulailler est dans le trou du cul du monde. Hommage aussi à « Fire in the Hole »
Prochainement dans « The Pole in the Hole Development Walktrough with no sound because we are lazy and with no actors because we don’t have money »
- Pommes de terre
- Salade
- Filets de Quorn
- Préservatifs
- Vaseline
- Godemichet
- Boules de Geisha
Désolé, trompé de papier…
- Le pitch
- Le synopsis (le même qu’il y a ici, faut pas déconner non plus)
- Le scénario
- Le storyboard
- Les Model Sheet
- Des tests d’animation sur les personnages (si j’ai le temps…)
Pour une actualité au fur et à mesure de l’avancement du projet (et pleins d’autres trucs) en live, ich bin on Twitter! : Cloudwalker91
A bientôt!
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about 4 months ago
sympa
about 4 months ago
Tres interressant et j’aime bien l’idee du scenar. Hate de voir ce que cela va donner
about 4 months ago
Putain quand tu m’as présenté tu m’avais pas dit que Cube & Wall c’était 456 images dans l’exemple, c’est énormément long donc pour faire ce genre d’animation, faut vraiment de la patiente…
C’est vrai que tu as bien fait de préciser que SM voulait dire Stop-Motion car tu as tout de même débuté en disant que tu étais Sado
J’adore le scénario, certes a deux balles mais qui pourrait être utilisé dans une pub de la marque prochaine mouahahah :p
Sinon perso, j’aurais bien vu des artworks de pré-production, même si ce ne sont que des « idées », sinon ton poulet sur models sheets, est bien jolie mais il ne lui manquerait pas des pattes ?
Pour conclure, l’article est très intéressant tu as réussi à éviter « le bloc de donnée » qu’on n’aurait pas capté, c’est vraiment très bien construit.
about 4 months ago
Si toi tu dis que c’était intéressant et pas rébarbatif, c’est que j’ai réussi à rendre le truc attrayant :p
Et le poulet a des pattes, jaunes. C’est juste que je dois les grossir, Flash voulait pas que je mette une plus grosse épaisseur. Quand Flash veut pas, tu peux pas.
about 4 months ago
Superbe article que tu viens de nous pondre. Bien construit, très plaisant à lire ! Ce qui ma réellement fait plaisir est en fait plusieurs choses :
1 : Je me suis reconnu dans ton texte. Pas dans ta façon d’écrire mais plutôt dans ta façon de penser. Je te cite : « (en enlevant les vacances, première fois que je dis que les vacances m’emmerde). ». Ça c’est carrément révélateur d’un infographiste à la recherche de la moindre heure de temps disponible histoire de fignoler au maximum son projet avant la deadline. Ça, c’est géant !
2 : Ta volonté de partager ton expérience via le blog de Lyricis et Romain nous prouve la passion que tu as pour ce métier. Tu le fais avec beaucoup de patience et humour. J’aime.
3 : Tu avoues tes défauts. Tu avance ce que tu sais faire mais aussi ce que tu sais faire. Grande preuve d’humilité !
Bravo !
about 4 months ago
Merci Mister3ze !
1. C’est vrai que c’est emmerdant mais pas de le sens où je ne pourrai pas avancer dans mon projet. Je travaillerai dessus durant mes 2 semaines de vacances qui arrivent dans… 2 semaines (déjà!) mais le plus emmerdant c’est de pas avoir la possibilité de voir le/les profs pour t’aider ou au moins te conseiller dans le projet. Certes, on a leur email si un gros problème survient mais pour un conseil sur un mouvement par exemple, c’est quand même plus facile par la parole.
2. Ca me trottait depuis un petit moment déjà (depuis que j’ai commencé mon année en infographie en fait) mais faute de blog personnel, j’avais un peu abandonné l’idée. Ce projet étant quand même important et ayant un rapport tout de même avec le thème du blog, j’en ai profité pour relancer l’idée et Loupinou m’a laissé libre et je l’en remercie encore!
3. Avouer ses défauts, dans un (futur dans mon cas) métier à vocation artistique est très important car il faut se connaître soit même et connaître surtout ses capacités. Ca, c’est un des points forts de mon école contrairement à d’autres. C’est une petite école dans un village, sans prise de tête, c’est surtout ça (et puis, ça me correspond). Le fait d’être en nombre restraint (on est 15, à Namur ils sont 80/classe) aide beaucoup, ainsi que les profs qui sont tout bonnement excellents!