Pavillon Noir - Couverture

Introduction

 

Oyé, oyé ! Alors que le prochain Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence (Pirates of the Caribbean : On Stranger Tides) sort dans bientôt 2 semaines (le 18 mai prochain pour être précis), j’ai le plaisir de vous donner aujourd’hui mon avis sur une toute nouvelle série parlant de pirates, j’ai nommé Pavillon Noir. Ici pas de Jack Sparrow, car ici le capitaine s’appelle Dark Dan, capitaine du bateau Black Joke. Black, Dark, allumez votre lampe à huile moussaillon, car ce tome s’annonce bien sombre.

L’histoire : Dark Dan est le capitaine incontesté du vaisseau pirate le Black Joke. Laconique, cynique et flegmatique, c’est son humeur maussade qui lui a valu son surnom. Chef intransigeant déterminé et tenace, il dirige ses hommes avec une poigne de fer, mais son sens de l’équité en fait un capitaine apprécié et respecté. Dark Dan possède une étrange carte à laquelle il ne comprend rien, car les indications sont rédigées dans une langue bien mystérieuse utilisant un alphabet totalement inconnu…
Épaulé par la sublime Bonnie et le géant Killing Howie, il contraint Mahalia, belle esclave affranchie au corps d’ébène, à l’aider à déchiffrer le document. La carte s’avère en fait être un accès à un lieu où repose un livre légendaire, sensé fournir à son possesseur un pouvoir sur des créatures surnaturelles. Dark Dan projette alors de s’emparer du livre pour l’échanger contre l’abrogation de sa condamnation à mort. Évidemment, l’accès au livre ne sera pas aisé et sa possession encore moins : elle engendrera une malédiction dont l’équipage de Dark Dan aura bien du mal à se défaire et qui l’embarque alors vers un voyage qui le conduira au bout de l’enfer…

 

Critique

 

Vous l’avez sans aucun doute remarqué par vous même (je sais que nos lecteurs sont des Dieux du raisonnement), mais l’histoire ne semble pas être le point fort de cette BD : une histoire de pirates sous fond de chasse au trésor à l’aide d’une carte que seul un homme (et accessoirement aveugle) peut la lire, ça rappelle tous les codes que l’on retrouve dans les histoires de pirates entendues ici et là. D’autant plus que tous les autres ingrédients indispensables sont ici réunis : de la baston dans les tavernes, des jolies filles dans un lit, du mystère avec 50 % de brume dans cette histoire. Tout ceci est visible dès la couverture : un bateau dans une mer bien sombre, un crane, des épées.

Mais comment notre capitaine Corbeyran a t-il décider de mélanger tous ces ingrédients pour la recette de son histoire ?

Autant vous le dire maintenant, vous ne vous ennuierez pas dans cette histoire. Car dès les 10 premières pages, les héros auront déjà détruit toute une ville entière. Pour continuer leur petit périple maritime, ils tueront par la suite un animal sacré et arriveront à se sauver d’un barbecue grandeur nature concocté par une tribu cannibale. Ici, on n’est pas là pour rigoler, mais bien pour botter les fesses de ceux qui se mettront en travers du chemin de nos héros.

Le début est donc d’un classique avec ses tavernes, sa carte au trésor qui évidemment est écrit dans une langue que seule une personne qu’on ne souhaite plus revoir peut la lire (et ses jeux nocturnes entre femmes au fond d’un lit…). Mais une rupture s’effectue à partir de l’arrivée sur l’île près de Madère, car ici vivent monstre et peuple affamé. À partir de là, on n’est plus dans une simple histoire de pirates et la suite nous le confirmera, avec une fin se révélant bien plus atypique que le début du tome.

Les personnages sont les stéréotype même des pirates tels qu’on se l’imagine tous : un pirate sanguinaire et n’hésitant pas à sortir son sabre pour avancer dans sa chasse au trésor, un bras droit qui serait prêt à mourir pour son capitaine même sans réfléchir. Et aussi, et là je crois que je vais réussir à toucher Lyricis et cotcotprod, une Boonie ressemblant à s’y méprendre au fantasme de l’époque : une pirate aux formes généreuses (et lesbienne qui plus est) n’hésitant pas à jouer sans la cape mais avec l’épée. Enfin, il y a Mahalia, cette esclave affranchie qui permet la rupture avec les principaux pirates de ce tome. C’est la seule qui ne souhaite pas se lancer à la recherche de ce trésor, même si niveau trahison et vengeance elle se place largement sur la 2ème place du podium.

L’histoire est sombre et assez violente (quoique relative pour une histoire de pirates), bien éloignée d’un Pirates des Caraïbes, et plus proche d’un Long John Silver. L’humour que l’on retrouve ne prend pas toujours bien car parfois trop prévisible, mais conviendra au plus grand nombre de ses lecteurs.

Le dessin, bien qu’assez peu détaillé niveau décor, accroche bien. L’époque XVIIIème siècle (estimation faite d’après mes calculs super compliqués) est bien retranscrite par Brice Bingono (pour le dessin) et Nicolas Bastide (pour les couleurs) au niveau des décors, des costumes. Il en ressort une bonne impression de réalisme, et un trait de dessin noircissant volontairement l’histoire dans les dernières planches du tome (je ne mettrai pas de spoiler ici). Petite déception pour la fin justement, qui est bien trop brusque à l’arrêt et ne semble là que pour appâter le lecteur pour le futur tome. Un second tome qui s’annonce bien plus intéressant, après les présentations faites et les bases posées dans ce 1er tome.

 

Conclusion et informations utiles

 

Pavillon Noir – T1. D’écume et de sang commence son histoire comme toute autre histoire de pirates. Mais rapidement, on se retrouve avec une BD intéressante. On y retrouve des personnages bien violents et qu’on n’aimerait pas croiser un de ces jours, sauf Bonnie peut être… L’humour et la violence diviseront sans aucun doute les lecteurs, certains y voyant le réalisme de l’époque où sexe et violence répondaient présents à chaque coin de rue et sur les ponts de tous les navires. Alors que d’autres n’y verront qu’un humour parfois trop prévisible et de la violence parfois gratuite (dont Killing Howie semble en être l’ambassadeur modèle). Malgré tout, on prend un certain plaisir à suivre leur quête au trésor, et ce malgré les nombreuses personnes qui vont devoir mourir pour laisser le champ libre aux héros. Il va y avoir des morts, mais n’est-ce pas là le prix à payer pour tout trésor ?

Finalement, le 2nd tome permettra enfin de se partir réellement à l’abordage de cette série, qui espérons-le, ne laissera pas le capitaine couler avec son bateau.

 

Informations techniques :

Date de sortie : 23/03/2011

Pages : 48

Hauteur : 323 mm, Largeur : 234 mm

EAN : 9782302015029

Prix : 9,95 € (pour la première édition : Soleil Découverte) chez Soleil Productions

 

Découvrez ci-dessous les 9 premières pages de la BD :

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