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Introduction

 

Il était une fois un roi… C’est ainsi que commence toutes les belles histoires de princes et de princesses. Mais pas celle de Maxe l’Hermenier. Car dans son histoire, le roi meurt décapité et son fils se transforme en prince des ténèbres. Laissez-moi donc vous conter ma critique… (mais ne vous endormez pas, ceci n’est pas une comptine)

 

L’histoire : 1792. Trois ans après le début de la Révolution française, le peuple incarcère la famille royale à la prison du Temple. Enfermé dans une cellule et sur le point d’être exécuté avec les siens, Louis, le jeune dauphin, héritier de la couronne de France, rencontre une étrange créature. Celle-ci lui propose de découvrir un nouvel univers, un monde où il deviendra immortel et pourra se venger de l’espèce humaine… Malade et faible, le jeune garçon accepte et signe de son sang un pacte avec le démon Baphomet, qui l’enrôle parmi les siens.

De nos jours, cette errance éternelle est devenue trop lourde à porter. Louis n’a plus aucune limite : il s’est transformé en un meurtrier froid et impitoyable, et ses crimes ont dépassé depuis bien longtemps le cadre de la simple vendetta… lorsqu’il va comprendre qu’on se joue de lui depuis des siècles ! Baphomet avait en effet de tout autres desseins pour l’héritier bafoué : manipuler un exécuteur à l’âme noire pour réaliser une malédiction lancée plusieurs siècles auparavant…

À travers les rues de Pékin ou Paris peuplées de créatures démoniaques et fantastiques, partez à l’aventure en compagnie du dernier souverain de France, Louis, chevalier des ténèbres, et pénétrez les plus noirs secrets de ce sombre immortel…

 

Critique

 

Alors que la couverture de la BD pourrait nous laisser penser à un genre de Numéro 4 (du moins une grande ressemblance avec son affiche : un homme ayant des flammes qui sortent de ses mains), rien de cela. Ici, pas d’amour à l’eau de rose car dans cette histoire se mélangent le fantastique, l’horreur et un peu d’historique. Le Dauphin lorgne plus du côté d’un certain Connor Macleod, chaque mort lui permet de soulager cette souffrance qui réside en lui, et ce en permanence. Et ce qui m’intéressait le plus dans cette BD, c’était son histoire. L’histoire d’un homme ayant fait un pacte avec Baphomet pour devenir immortel, et ce afin de se venger de l’espèce humaine, la même espèce qui a décapité son père et sa mère. Sauf qu’au fil des siècles, il ne tue plus que pour satisfaire son esprit, pour abroger la douleur qui chaque jour le détruit un peu plus. Ces âmes lui permettent de le maintenir en vie. Tuer n’est donc plus une question de vengeance, mais de survie.

Le scénariste jongle subtilement entre le passé et le présent en utilisant les cauchemars de Louis pour remonter à son enfance. On y découvre un enfant ne souhaitant qu’une chose : la vengeance.

On remarque aussi quelques inspirations puisées par ici et par là. Par exemple, la façon qu’à Louis de tuer les personnes ressemble à un mix entre la technique de Scar dans Fullmetal Alchemist (main droite empoignant la tête de la victime) et une victoire à la Highlander (sauf qu’ici nul besoin de décapiter la tête de son ennemi). Et puis, il a quand même l’allure d’un trentenaire préférant largement s’amuser avec des belle jeunes femmes la nuit, se baladant jet privé et qui n’a plus de père. Ça ne vous rappelle rien ? Pas même un Largo Winch maléfique !? Autre exemple, Louis devient aveugle mais arrive à voir ce qui se cache en chaque être humain, un peu comme un Élu qui pourrait voir une certaine matrice…

Mais beaucoup de questions restent sans réponse. Beaucoup de personnages sont introduits dans ce tome, mais peu de personnes y sont développées. Qui est ce Ikarius dont la vie ne s’étale que le temps de 3 petites pages. Qui est ce Karl Hans/Grübber qui considère Louis comme son père mais dont on ne sait rien du tout ? Enfin, qui est cette Ombeline qui semble à présent hanter l’esprit de Louis ? Tant de personnages présents dans ce tome et dont pourtant nous ne connaissons que le nom. Le scénariste essaie sans doute de nous montrer le point de vue de Louis : froid, sans reconnaissance et sans sentiment. Sauf que nous ne sommes pas Louis. À la fin de la lecture, on reste ainsi sur un sentiment d’inachevé, en espérant que le tome 2 permette de répondre aux nombreuses questions que posent le tome 1.

 

Quand aux dessins, Brice Cossu arrive à bien retranscrire les différents mondes présents dans le scénario. Les personnages sont bien détaillés lors des gros plans, mais sont moins fournis pour le fond des cases. Malgré tout, le style graphique joue avec les ombres, et concorde bien avec cet univers sombre qu’est l’Enfer. On distingue bien les passages entre l’Enfer (largement dominé par un rouge bien saignant) et le présent qui semble bien plus accueillant et où les lunettes de soleil reviennent à la mode.

 

Conclusion et informations utiles

 

Son avantage reste sans doute l’histoire, car une BD possédant une histoire originale mérite que l’on s’y attarde longuement. Mais malgré son pitch surprenant, L’Hermenier nous emmène avec l(o)ui sans vraiment nous permettre de faire connaissance avec l’entourage. L’histoire se centre principalement sur Louis et personne d’autre ! Pour exemple, il y a ce M. Grübber qui semble considérer Louis comme son père, mais dont on ne sait rien de lui si ce n’est qu’il va bientôt mourir. On est donc face à un scénario qui n’arrive pas (pour l’instant) à trouver l’équilibre parfait entre les questions que l’on pose et les réponses qu’il nous apporte. Car la lecture se déplace entre un passé où la vengeance était la seule envie de Louis, et un présent où l’action laisse peu de place à l’histoire.

Mais si vous êtes intéressés par tout ce qui touche le fantastique, et que l’idée de la manipulation par l’Enfer vous met en transe ; alors ce tome est sans doute le début d’une série prometteuse.

Pour conclure, je dirais que ce 1er tome n’est que l’introduction d’une série audacieuse, mais qu’il va sans doute falloir attendre la sortie des prochains tomes pour savoir quelle direction prendra L’Hermenier vis-à-vis des personnages secondaires. Le synopsis semble intéressant, ils faudrait donc que les personnages le soient aussi ; mais pour l’instant l’arrogance de Louis exclut d’office l’idée de s’intéresser aux autre personnages, mais c’est pourtant ce qu’il faudrait faire pour la suite.

 

Pour information, la BD est sortie depuis mars 2011, dans la collection Fantastique et Science-Fiction. L’ouvrage comprend 48 pages, et est disponible au prix de 13,50 €. Pour plus d’informations, cliquez ici.

 


Le Dauphin, Héritier des ténèbres par GLENATBD

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