Test DVD : Lullaby de Benoît Philippon

Sam ne se remet pas de la mort de la femme de sa vie, Josephine. Enfermé dans la chambre d’un hôtel de New-York, lieu de leur rencontre, le musicien attend désespérément de trouver une nouvelle raison de remonter sur scène et surtout de vivre.
Cette raison ce sera Pi, blonde mystérieuse et excentrique, faisant irruption dans sa chambre un soir comme tous les autres et s’enfermant à double tour dans sa salle de bain. Au travers de la porte qui les sépare, les deux âmes en peine feront connaissance et apprendront à s’apprivoiser l’un l’autre. Jusqu’au moment salvateur de leur rencontre, qui les aidera à surmonter les épreuves, même si cela ne sera pas sans mal…

Lullaby raconte donc une histoire d’amour. C’est évidemment romantique mais pas seulement. Quiconque s’intéresse un minimum à la musique (ici en particulier au jazz) devrait trouver plaisir à suivre cette sympathique comédie. Les acteurs y sont brillants et la photographie offre des décors aussi variés qu’envoutants. Les images de Benoît Philippon méritent que l’on s’y attarde, tant le réalisateur a soigné les détails. Les ambiances faites d’éclairages en lumière indirecte proposent une atmosphère reposante et intimiste tout à fait à propos.
De la chambre d’hôtel à la scène d’un bar un peu minable, la musique accompagne la quête de ses deux êtres esseulés. Mais leur histoire ne constitue pas l’intégralité du film et il serait réducteur de ne s’arrêter qu’à eux seuls. Parallèlement, nous suivons le chemin de William (Matt Ward), jeune black amoureux de jazz en quête de la reconnaissance paternelle; ainsi que les bienveillants clins d’œil de George (Forest Whitaker) en excellent meilleur ami propriétaire dudit hôtel. Tout ce petit monde se promène dans ce film brillant, qui ne sombre jamais dans la morosité de ses propos que sont le deuil, la reconnaissance, la renaissance et l’acceptation de soi-même.
Le personnage de Sam est certainement le gros atout de ce long métrage. Interprété par un Rupert Friend très convaincant, charmeur, joueur et à la répartie parfaite, Sam ne peut que séduire. Sorte de personnage bohème, désabusé et incroyablement généreux, il nous emmène avec lui dans le sillage de ses tourments mais également de sa passion pour la musique de Chet Baker et Miles Davis.
Pi (Clemence Poesy), même si elle est un peu en retrait dans son rôle face à un personnage masculin qui transpire de charme, offre de beaux moments, en particulier lors de ses séances d’écritures sur les murs de son « journal intime » ou encore dans l’explication de son nouveau prénom et du tatouage qui l’accompagne (l’exploitation du nombre Pi).

Puis il y a la musique. Omniprésente. Laissant planer une ambiance jazzy prenante comme il faut, elle nous emporte dans les volutes de fumée de cigarettes et les notes de piano et est illustrée par la fugace apparition du talentueux Charlie Winston, compositeur d’une partie de la bande son.
Traitant d’un sujet qui aurait pu rapidement virer dans un mélo un peu mièvre, le réalisateur illustre de fort jolie manière une belle histoire d’amour, mais également d’amitié, teinté de quelques morales faciles mais toujours efficaces. Un film à voir seul ou accompagné, mais qui devrait ravir les âmes mélomanes et romantiques.
On partage la news ?







Les derniers commentaires