Comme vous le savez, le 4 Juillet sortira au cinéma The Amazing Spider-Man, le reboot de la franchise toujours produite par Sony Pictures, mais qui cette fois n’est plus réalisé par Sam Raimi mais par Marc Webb qui signe ici son second long-métrage mais aussi son premier film en IMAX 3D. Pour cette immense sortie, le film a eu droit un peu plus tôt dans la semaine à une avant-première au Grand Rex de Paris en présence du casting. Notre ami @aterraki s’y est rendu pour nous et nous livre avec grand plaisir sa critique du film. Attention, le verdict risque de faire mal pour ce film et surtout Spider-Man fera-t-il le poids face à Batman qui sort tout juste deux semaines après. Ne va-t-il pas lâcher sa toile tendu comme un string ??

Synopsis :
Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. Comme la plupart des adolescents de son âge, Peter essaie de comprendre qui il est et d’accepter son parcours. Amoureux pour la première fois, lui et Gwen Stacy découvrent les sentiments, l’engagement et les secrets. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Spider-Man va bientôt se retrouver face au Lézard, l’alter ego de Connors. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin…

Préambule

The Amazing Spider-Man - Photo Promo Mai 02
Spiderman, spidey, Peter Parker, Mary-Jane Watson, Tante May, des personnages qui sont tant ancrés dans mon imaginaire. J’ai découvert les « Marvel » vers 10, 11 ans avec « Strange » et « Super Nova », dans des vieux numéros de mon père entre 2 « Iron Man » et « Tex Willer ». J’avais somme toute assez peu de numéros mais ces personnages allait rester longtemps avec moi. En 2001, j’étais l’une des rares qui connaissait un peu les comics mais oui souvenez-vous c’était avant la déferlante Marvel.

J’avais 17 ans lors de la 1ère adaptation de Spiderman, je me retrouvais dans Peter un peu comme beaucoup de « geeks ». D’ailleurs, le terme geek n’était pas encore utilisé à l’époque, leur règne n’avait pas encore commencé. On n’était pas sur qu’ils seraient un des leviers principaux du Box-Office 10 ans après, Spiderman a amené avec lui un changement profond de ce qu’est aujourd’hui la « culture Geek ».

Toi jeune, tu te penses geek et tu te penses cool avec ton Smartphone en rigolant quand « Hulk  smash  Thor » ? T’as rien compris, y a une décennie si tu parlais d’une scène de ce type en film, on t’aurait regardé avec de gros yeux et on t’aurait indiqué la porte. Mais « Sam Raimi » avait réussi un grand défi, concilier dollars, respect aux comics et cinéma.

The Amazing ?

Spiderman c’est l’histoire de Peter Parker, un brave gars plutôt futé, trop gentil et qui n’a rien pour lui, ne sera jamais la star du lycée ni ne sortira pas avec la plus jolie fille. Sauf qu’un jour un terrible pouvoir va lui tomber dessus et il finira par devenir Spiderman. Donc niveau schéma, on reste dans le simple : découverte de pouvoirs, abus, drame, revanche et enfin acceptation de son identité. L’histoire est simple mais tout dépend comme on l’arrange et comment le réalisateur se l’approprie.

Ici, le réalisateur c’est « Marc Webb », un jeune réal qui n’a qu’un film à son actif, la très jolie comédie (pas si) romantique : « (500) Jours Ensemble / (500) Days Summers ». Et en 2010, il est annoncé pour le « reboot » de cette franchise. Un choix que je trouvais audacieux, la filiation entre le personnage de son film et Peter Parker était une évidence, sous couvert de super-héros, Peter n’est finalement qu’un grand romantique et c’est même pour cela que j’étais particulièrement attaché à ce personnage.

Sam Raimi l’avait rendu maladroit, ridicule un peu mais on sentait le respect à ce personnage. Ici, le personnage qui nous est présenté est assez différent, son look particulièrement, beaucoup plus 2012, il fait du skate et porte des lentilles mais surtout … il est extrêmement cool … Oui, je suis désolé mais il est réellement pas dans la « loose », tout du moins vestimentairement parlant. Oui désolé encore, mais le sweat à capuche, le skate, les shoes et sa manière de se mouvoir n’a rien de « gauche », une différence très marquée avec son prédécesseur. Après, c’est une question de point de vue, j’en conviens mais c’est une relecture même du personnage (plus proche de « Ultimate Spiderman ») qui m’a assez rapidement gênée. Ce n’est pas l’idée de moderniser le personnage qui me pose problème, c’est le dénaturer au nom d’une notion juste mercantile (un peu comme les habits de « Lisbeth » dans « Millénium ») de business. Oui en 2012, un geek « stylé » c’est plus vendeur.


C’est un point peut-être mineur pour vous mais cette dualité avec son identité : Spider-Man/cool et Peter Parker/loose n’étant, pour moi, pas ici respecté, cela change profondément la nature même du personnage.

L’histoire.

Changer les origines, c’est logique dans un reboot de franchise. Ici, ce sont les parents de Peter et c’est l’enquête sur ses parents qui l’amène à devenir un super-héros. D’accord, mais finalement cela n’a que peut d’importance car le film ne cesse de reprendre les codes des précédents films en les adaptant avec plus ou moins de succès, l’apprentissage des pouvoirs est ridicule. Là où la scène se veut cool, à ce titre le drame qui forge son engagement et à ce titre une pâle copie de son ainé, ne m’émouvant à aucun moment (le fait de connaître le sort du personnage n’a pas aidé). En fait, la mise en place des enjeux est plutôt réussie, c’est à partir du moment où il devient Spider-Man que cela se corse. L’histoire se brouille, devient fouillie et joue d’incohérences.

The Amazing Spider-Man - Photo Gwen StacyComment dire ? Le méchant n’est pas vraisemblable, pourtant bien interprété mais ses réactions ne sont à aucun moment crédibles, des emprunts plus que douteux à la version de Raimi qui n’ont ici aucune logique. Gwen Stacy est l’une des réussites de cet opus, « Emma Stone » étant tout à fait craquante mais sa relation avec Peter se voulant mignonne et touchante ne fonctionne pas toujours. C’est simple vouloir trop jouer sur la personnalité d’Emma finit par phagocyter l’identification à ce couple, encore une fois c’est une vision personnelle.

La réalisation, (la 3D ?) n’est pas renversante, elle ne révolutionne pas le personnage (en même temps, difficile de passer après la trilogie) et pénalise l’action en essayant de rendre plus « réaliste » ces déplacements. Ce qui est une bonne chose sur le papier, rendre l’araignée plus réaliste dans ses sauts et dans sa toile. En gros au départ, il ne sait pas forcement « slider » comme un pro entre les immeubles mais pourquoi dans ce cas là, l’avoir rendu proche d’un ninja pour les scènes de « fight » ? Ce paradoxe souligne les incohérences gênantes de ce reboot, manifestement mal pensé.

Reste quelques bonnes idées (la BO est médiocre au fait), un casting (trop ?) réussi, à l’image cette scène où le héros se dévoile pour pouvoir sauver un enfant prisonnier d’une voiture en flamme suspendue, très touchante et fondatrice de ce que le film aurait pu être.