Disclaimer (Comme disent les anglais) : Je suis réputé pour être fan de Resident Evil, tous supports confondus. C’est vrai. Mais autant vous prévenir à l’avance, cela ne m’empêche pas d’être objectif.

Allez, c’est parti pour une critique de Resident Evil Retribution, sur nos écrans le 26 septembre prochain.

Cinquième épisode de la plus grande saga cinématographique basée sur un jeu-vidéo (eh oui), Resident Evil Retribution commence exactement là où Resident Evil Afterlife se terminait : un combat allait s’amorcer sur le pont de l’Arcadia, un bateau où Alice croyait y trouver des survivants alors qu’elle tomba bêtement dans un piège de la maléfique Umbrella Corporation.

Le scénario de Resident Evil Retribution part de ce point de départ pour nous offrir une histoire riche et l’une des plus complexes que le cinéma nous a offert depuis son invention.

Ironie du jour, bonjour.

Plus sincèrement, le scénario de Resident Evil Retribution est aussi riche qu’un jeu-vidéo basique de Resident Evil. Le personnage court de pièce en pièce, de décor en décor, tue du zombie, et se bat contre ce qu’Umbrella a créé.

« Je m’appelle Alice. Au cas où vous l’auriez oublié. »


 

Milla Jovovich est donc la base de cette saga, occupant 90% des images qui composent les 95 minutes du film. Et à 24 images par secondes, il y a beaucoup de Milla Jovovich. Beaucoup trop même. On fait rapidement de l’overdose car les autres personnages secondaires, sortis de nulle part, deviennent dès lors qu’un simple clin d’œil tout aussi utile qu’une mouche en figuration sur un plan large d’un stade rempli lors d’un match OM/PSG.

Le seul personnage célèbre qu’on pourrait sauver est Ada Wong, joliment interprétée par l’ultra-célèbre, mais en Chine uniquement, Li Bing Bing. Les autres personnages, Leon S. Kennedy ou encore Barry Burton, sont malheureusement trop absents pour qu’on puisse se faire une simple idée sur eux. De son côté, Jill Valentine, interprétée par Sienna Guillory (le seul point positif dans Resident Evil Apocalypse), se retrouve être un robot, sexy certes, qui a mauvaise habitude de tirer sur tout ce qui bouge et de surtout ne pas trop parler. Sois belle et tais-toi en somme. C’est triste.

Le film va sortir ! Précipitons-nous pour réserver notre place !


 

Mais Resident Evil Retribution c’était aussi la promesse de revoir des personnages morts revenir. Comment ? Grâce à une astuce introduite dans le troisième film : le clonage. L’explication avancée dans le film tient presque la route : on vous laissera la découvrir.

On retrouve, non sans plaisir, Michelle Rodriguez, qui joue ici deux rôles : une méchante qui tire au gros calibre, comme d’habitude, et une version… ultra féminine, végétarienne, porteuse de talons aiguilles et contre les armes. Le rôle que Michelle n’a jamais eu. Et malheureusement, encore une fois, ces personnages sont sous-exploités au profit d’une Milla Jovovich omniprésente.

Car du Milla, en veux-tu, en voilà. Du premier plan jusqu’au dernier, Milla est partout. L’avantage d’être la femme du réalisateur. D’ailleurs, l’accroche dans la bande-annonce était « Milla Jovovich en 3D ». On est servi. Heureusement, elle est toujours aussi sublime et offre son maximum.

Mais on pourra noter la présence de personnages féminins forts, jusqu’au point culminant où se combattent plusieurs des héroïnes. Dans un paysage cinématographique où règne le mâle « puissant », un film mettant en avant la gente féminine, qui n’a rien à envier aux hommes, s’apprécie d’autant plus.

Scoop ! Michelle sait marcher avec des talons aiguilles !


 

Car si les personnages sont sous-développés et l’histoire n’est pas top, il y a quand même du bon. Car tout comme on ne va pas voir Transformers pour son scénario et ses robots, on ne va pas voir un Resident Evil pour ça. On aimerait, mais ce n’est pas le cas. Resident Evil Retribution est le pop-corn movie totalement assumé. Le film dure 95 minutes, et c’est 95 minutes d’action pure et non-stop. Quand certains films ont un « trou » dans leur action, Resident Evil Retribution n’en a pas. On ne respire pas, on reste accroché aux scènes d’action qui s’enchaînent. Fini l’époque où Resident Evil était classé « horreur », qu’il soit un film ou un jeu.

Et en termes d’action, on déguste. On savoure presque. On dit de Paul W.S. Anderson qu’il est le mal incarné. C’est faux. C’est un réalisateur compétent mais parfois maladroit, et qui ne devrait surtout pas toucher à un scénario. Paul est là pour s’amuser et on s’amuse avec lui. Il aime la 3D, il arrive presque à nous la faire aimer. Une 3D démo, où s’enchaînent profondeur de champ agréable et effets jaillissants : sang, balles, zombies, créatures, explosions… Tout y passe. Le visuel du film est riche et les scènes d’action arrivent à être jolies.

Et vu que le film n’est quasiment qu’un enchaînement de scènes d’action, on ne peut qu’aimer… D’une infection à Tokyo, à une attaque de zombies dans une banlieue résidentielle, en passant par un tsunami géant ou à des plans apocalyptiques de Washington pour finir à des créatures géantes, rien ne nous est épargné. Sans oublier une scène d’intro comme on en a rarement vu au cinéma (oui oui, garanti by Nemesis). On en a toujours plus pour nous yeux. Et jamais le moment de s’ennuyer.

Mais malheureusement, on en pourra tout de même s’empêcher de se prendre la tête dans les mains devant l’absurdité et le ridicule de certains détails.

Le tout est accompagné par une bande-son démentielle. Tomandandy nous offrent une bande-originale alliant sons électroniques, classiques et percussions, avec renfort de basse pour du lourd. Un film qui vous fera atteindre certainement des sommets avec votre installation home-cinéma quand Metropolitan sortira le film en Blu-ray.

Cette scène n’est finalement même pas présente dans le film. Mais on vous offre quand même la photo.

Au final, le film se révèle être une bonne surprise. Même s’il pêche par son histoire maigre (mais Paul W.S. Anderson nous promet déjà une version Director’s Cut avec beaucoup plus d’histoire et de dialogues) et des personnages sous-exploités par rapport à Alice, alors qu’on aurait aimé les voir bien plus briller, le film nous offre un spectacle encore inédit dans la saga. Film à budget moyen, moins de 100 millions de dollars, il rivalise presque par moment avec les plus grosses productions des genres action ou catastrophe. Que demande le peuple ?

Et si on cherche un film pour oublier sa rentrée, on choisira certainement celui-là. Pas besoin de réfléchir, divertissement non-stop : un film spectacle, qu’on aimera à sa juste valeur. Après tout, c’est un Resident Evil. Et après un ridiculement mauvais deuxième épisode, un passable troisième et un quatrième quelque peu mou, on tient là certainement le meilleur film depuis le premier. Plus qu’à patienter jusqu’au sixième et dernier épisode de la saga.

Et pour ceux qui aimeraient se lancer dans l’aventure avec le cinquième épisode, pas de soucis, un récap est fourni avec le début du film.

Oh, et Michelle Rodriguez, me demanderez-vous, survit-elle dans le film ? À vous de voir !

 La note :

★★½☆☆