Pan Affiche

Pan sort ce mercredi au cinéma, et quand bien même il traine déjà la réputation d’être le plus grand four de la Warner cette année, on vous explique pourquoi il mérite le coup d’œil !

« I love you my Peter ! » c’est à ces mots que Mary, sa mère, l’abandonne au pied des marches de l’orphelinat Lambeth, par une nuit sombre et froide. Elle lui laisse un collier avec une flûte de Pan et une lettre. Peter dort, innocent. Dix ans plus tard, nous sommes en pleine seconde guerre mondiale où les bombardements font rage sur la ville de Londres. Cela n’empêche pas Peter, un jeune garçon de 12 ans, de profiter d’une alerte à la bombe pour entrer par effraction dans le bureau de la directrice du foyer et découvrir les réserves abondantes de nourriture cachées par les sinistres nonnes.

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C’est là qu’il découvre, dans les archives sous les eaux, une lettre de sa mère: « Tu es extraordinaire, plus que tu peux l’imaginer ». Elle lui donne l’espoir et la confiance de la retrouver « dans ce monde ou dans l’autre». Rebelle comme il est, il s’engage donc dans une aventure féérique au delà du réel et de notre propre imagination. Il n’y a que dans ce monde imaginaire noyé d’amour maternel que les enfants peuvent être préservés de la guerre. Le roman éponyme de J.M. Barrie reste toujours d’actualité. Et ce film ne peut que replonger les enfants d’aujourd’hui dans leurs propres rêves, bien plus riches que la réalité.

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On retrouve aussi la trame mythologique d’Oedipe : Peter veut vivre avec sa mère et il doit se battre contre son ancien amant, Barbe Noire. Le film tourne autour de notre héros en plein doute et en plein apprentissage de la vie. Il doit croire en lui et c’est une autre femme qui va le soutenir, Lili La Tigresse, à la fois guerrière comme sa mère et idéaliste par son look hippie et de fausse indigène, jouée de manière discrète par Rooney Mara. Peter découvre les origines mystérieuses de sa famille, des liens forts du sang qui nous tiennent en équilibre pour notre avenir et notamment ceux forgés par des figures féminines.

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Son futur ennemi, James Crochet, n’a pas encore perdu sa main et il s’avère peu fiable, juste là pour utiliser les capacités hors du commun de notre héros. Pour son premier rôle au cinéma, Lévi Miller, allias Peter, qui est issu du théâtre, mérite les louanges. Son visage si expressif donne le ton au film. On regrette par contre que Joe Wright, le réalisateur du film, n’a pas plus approfondi la relation conflictuelle entre Barbe Noire et Peter, avec plus de dialogues ou de combats de sabre. Hugh Jackman méritait mieux qu’un Barbe Noire réduit à un Kurt Cobain mal dans sa peau. Au final, nos deux personnages ne cherchent qu’à se fuir. Ce film est certes destiné aux enfants mais leur psychologie ne peut être exclue.

Bien entendu, la mise en scène et les séquences de bateaux sont éblouissantes pour tout passionné d’aventure et de piraterie. La scène avec l’arbre des souvenirs et celle sous la surface de la mer sont majestueuses et bien choisies pour ce genre de film.

Tout enfant doit donc continuer à partir au monde imaginaire avec Peter et revenir plus aguerri.

 

Sylvain Gosset