The Hobbit The Battle of the Five Armies

Ce mercredi se finit la saga du Hobbit, deuxième saga de l’univers Tolkien. Très attendue par les autres, moins par d’autres, cette fin est-elle à la hauteur ? Réponse dans cette critique du HOBBIT : LA BATAILLE DES CINQ ARMÉES (The Hobbit : The Battle of the Five Armies).

Attention, même si cette critique ne dévoile pas grand chose du film, il se peut que pour vous elle en dise déjà trop. Donc à vos risques et périls.

Où en sommes-nous déjà ? Ah oui ! Bilbo Le Cambrioleur, pardon, Le Hobbit, cherchait à s’emparer de l’Arkenstone, la pierre « philosophale » des Nains d’Erebor, prisonnière d’un prodigieux dragon sous la Montagne Solitaire. L’héritier légitime du Royaume sous la Montagne, Thorin, fils de Thorin, l’avait spécialement réquisitionné chez lui à Cul-de-Sac, dans la Comté, sous les recommandations de Gandalf, bien qu’incomprises. L’Arkenstone donnerait à Thorin le droit de gouverner ce pic à l’est de la Terre du Milieu. Bien entendu, une telle pierre avec un fabuleux trésor, convoité aussi bien par les Hommes que par les Elfes, ne pouvait être gardée que par son nouveau gardien, le dragon Smaug. Bilbo avait sa botte secrète : l’Anneau de pouvoir. Le dragon ne vit que du feu et il décida de sortir de la Montagne Solitaire, ses ailes géantes l’envolaient vers Bourg-du-Lac, la seule cité lacustre tenue par des hommes, puis … Coupez ! À l’année prochaine !

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Ils avaient bien choisi le moment, en plein milieu d’une scène d’action pour mieux nous faire patienter ! Un an pour voir le dernier épisode de Bilbo Le Hobbit, le roman de J.R.R. Tolkien. Nous revoilà donc à Bourg-du-Lac, les femmes crient, les hommes s’enfuient. Smaug embrase cette cité glacée. Bard, le fameux archer, doit se débrouiller pour le terrasser. Peter Jackson a dû revoir certains épisodes de Mc Gyver pour trouver des solutions à certains personnages. Au moins les Hommes ont cette qualité de la débrouille.

Mais le cœur du film n’est pas ici. C’est l’Arkenstone et les trésors de la mine. Il donne lieu à un affrontement entre les différents protagonistes du film, c’est-à-dire Thorin, à qui tout ça devrait appartenir, mais aussi Bilbo, qui sent que son ami le Nain tombe dans le côté obscur, et enfin, Thranduille, le roi des Elfes de la Forêt de Grand-Peur veut sa part du butin, et les Hommes de Rhovanion pour reconstruire leur ville. Tous prêts à se faire la guerre. Bravo les valeurs face à l’argent. Qu’on soit des hommes, des Nains ou des êtres semi-parfaits, l’or change les esprits.

On se retrouve avec Thorin qui tombe dans la folie tel un Boromir. Au final, à trop vouloir découper le roman, on se retrouve avec des longueurs, on sent que certaines scènes sont là pour combler le manque de dialogue, comme une scène où Bilbo reste les pieds nus sur la glace au côté de Gandalf qui nettoie sa pipe en faisant du bruit pour enrichir leur longue discussion. Et les actes de bravoure étant éparpillés en trois films, on assiste dans cet opus à une seule action remarquable de Bilbo, qui est pourtant censé être le personnage principal. Il n’est qu’un observateur face aux querelles des « grands » et son anneau de pouvoir ne lui ait pas d’une grande utilité.

THE HOBBIT: THE BATTLE OF THE FIVE ARMIES

Heureusement, une grande partie du film est consacrée à cette inévitable bataille des cinq armées où les horribles gobelins débarquent du sous-sol creusé par des vers géants. On se retrouve avec les belles scènes du film où les bataillons des Elfes avec leur botte de sept lieux, pour être aussi légers, sont resplendissants. Même si, encore et toujours, Bilbo est planté là et ne sait pas ce qu’il fait ici, sous le feu.

Le film mise sur les scènes de bataille, ce qui avait toujours été prévu lors de la découpe en 3 films, mais on aurait bien aimé voir plus l’implication du Hobbit et son anneau de pouvoir. Pour rapprocher aussi la saga d’origine, on fait aussi courir Legolas sur une tour qui tombe avec la légèreté d’une plume et puis, on saupoudre la fin du film avec une pluie d’aigles – comme dans le Seigneur des Anneaux – pour être sûr que les gentils vont gagner et tout est nettoyé après ces combats forts divertissants.

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Tout est fait pour nous rapprocher du Seigneur Des Anneaux, comme la double trilogie de Stars Wars, alors que les deux ouvrages de Tolkien sont en fait bien distincts. Le film se laisse regarder si vous souhaitez voir la fin des aventures de Bilbo, il reste très divertissant, mais encore une fois on ne peut que regretter la découpe malheureuse qui aura éparpillé ce roman en trois films pour des raisons purement financières, alors qu’en deux parties la saga aurait gagné en épaisseur. Un plaisir qui reste donc agréable, mais qui laisse un goût amer tant la saga aurait pu être formidable.

En tout cas, sachez que les Hobbits n’ont jamais froid aux pieds, même sur la glace.

Note du film :

★★★☆☆

Critique de Sylvain Gosset