Ang Lee, déjà oscarisé pour Brokeback Mountain en 2006 et également très connu pour son film Tigre et Dragon (Oscar du meilleur film étranger en 2001), revient en cette année 2012, avec l’adaptation du roman de Yann Martel, Histoire de Pi. Projet ambitieux, Ang Lee est t-il arrivé à nous séduire ? Verdict.

Synopsis : Après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, 17 ans, embarque avec sa famille pour le Canada où l’attend une nouvelle vie. Mais son destin est bouleversé par le naufrage spectaculaire du cargo en pleine mer. Il se retrouve seul survivant à bord d’un canot de sauvetage. Seul, ou presque… Richard Parker, splendide et féroce tigre du Bengale est aussi du voyage. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera vivre une odyssée hors du commun au cours de laquelle Pi devra développer son ingéniosité et faire preuve d’un courage insoupçonné pour survivre à cette aventure incroyable.

Je n’ai jamais lu l’œuvre originale de Yann Martel. Je ne pourrais en aucun cas me baser sur cette dernière afin de la comparer avec l’adaptation cinématographique. Même si je considère que comparer un livre et un film peut vite conduire à fausser un jugement sur le film. Une adaptation sur grand écran a la particularité d’apporter sa propre vision.

Hormis cela, on pouvait partir avec un brin d’inquiétude. Et pour cause, le trailer ne m’emballait guère. Une surenchère d’effets spéciaux, trop « visibles » par moment et pouvant perdre en crédibilité, et surtout la peur d’assister à une histoire vite lassante. Un garçon et un tigre, ensemble, dans un canot de sauvetage peut laisser pour le moins dubitatif, surtout pendant près de deux heures.
C’est sans compter sur la magie d’Ang Lee derrière la caméra, opérant avec brio. Car Le film est captivant de bout en bout et même plus. On en redemande dès la fin du film. Pourtant, le premier quart n’est pas vraiment convaincant. Il pourra en laisser sceptique certains. Il m’a été difficile pour ma part, de rentrer dans l’histoire. Je ne me sentais pas forcément concerné. Pour le coup, elle démarre lentement. Je veux dire par là, que les premières minutes servent à mettre en place l’intrigue (« normal » me direz-vous), mais de façon pas franchement excitante. Un passage obligé pour vraiment lancer une aventure qui va « exploser » par la suite. Lors de ce premier quart, on y découvre l’enfance quelque peu difficile de Pi notre héros. On y parle également de religion, de foi,… le tout raconté par une voix off, très vite agaçante. Heureusement que certaines scènes ou dialogues, ont leurs lots de situations cocasses. Ce qui n’est pas de refus. Outre ces quelques réticences, qui sont les seules, notez-le bien, vous allez assister à un grand morceau de cinéma par la suite et ceux dès le début de la véritable aventure lors du fameux naufrage.
Ang Lee nous impressionne avec sa mise en scène, la justesse de ses plans et son ingéniosité débordante. Je pense notamment à toute la subtilité d’un plan en particulier (il faudra avoir le bon coup d’œil pour y repérer l’image « cachée » et toute sa subtilité). On sent qu’il veut nous faire plaisir et ça fonctionne totalement. Ajoutez à cela une 3D très efficace, venant sublimer l’œuvre dans son ensemble. Elle y est utilisée de la même façon que dans un certain Avatar. On est immergés dans l’aventure et on ressent de l’empathie pour Pi. Nous sommes totalement embarqués avec le personnage. On ne regarde pas, mais on vit l’aventure.
Du côté du casting, beaucoup de têtes inconnues ont pris part à la fête. Ang Lee n’a pas vraiment souhaité que le succès de son film soit en partie dû au statut de « Star » des acteurs. Pour cause, un certain Tobey Maguire (la trilogie Spider-man) a totalement était coupé au montage final. Cela n’a pas empêché Ang Lee « d’inviter » une figure emblématique du cinéma français à jouer dans deux-trois scènes du film. Choix surprenant d’ailleurs. Il faut en tout cas tirer notre chapeau à Suraj Sharma, qui EST la vraie star du film. Tout repose sur ses épaules ; il est exemplaire.
Comme je l’ais dit plus haut, on pouvait émettre des craintes pour certains effets visuels. Certes, le film regorge d’effets spéciaux, mais pour la majorité, grandioses. J’en veux de ce type tous les jours. Ce n’est pas du tout indigeste, hormis quelques plans rapprochés sur les animaux, un peu trop numérisés. C’est beaucoup trop visible par moment. Mais tout dépend des plans… Bref, on ne va pas faire les difficiles et malgré ces (très) légères réticences (les animaux numérisés), on ne va pas y aller par quatre chemins : Cette fameuse aventure confirme que le cinéma d’aujourd’hui peut encore nous surprendre. Rempli de magie et alternant en l’espace de quelques secondes entre des séquences émotives, dramatiques ou remplies d’actions, L’Odyssée de Pi est la définition même du mot « Cinéma ». Une œuvre sensationnelle arrivant rarement sur le grand écran. Notre amour pour le cinéma n’est donc pas mort. On a surtout été conquis par cette relation particulière mais surtout attendrissante, touchante, entre un garçon et la plus belle créature sur terre qu’est, le tigre du Bengale.

l'odyssée de pi

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Au contact d’une nature aussi belle que dangereuse, L’Odyssée de Pi atteint des sommets en termes de qualité visuelle, et pas seulement. Malgré des premières minutes pouvant laisser sceptiques, une fois l’envol tant attendu de la pure aventure, l’émotion et la beauté de l’histoire font de cette œuvre, une épopée fascinante qui ne laissera pas le spectateur lambda indifférent. Dès le générique de fin, on n’a qu’une hâte : le désir démesuré de revivre cette expérience. Grandiose. Il faut le vivre pour le croire. Et on vous le dit, c’est un coup de cœur.

 

★★★★½

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L’Odyssée de Pi (Life of Pie) – Bande-Annonce /… par Lyricis