Sur celle-ci, l’idée était que Banner était quelqu’un qui tentait de se fondre dans la foule, Leterrier ayant fouillé la psychologie du personnage et voulant vraiment que celui-ci soit un individu ne se faisant pas remarquer, restant caché et essayant de se préserver de l’extérieur en s’emmitouflant dans des manteaux et des sortes de cagoules, persuadé que sa sueur contenait des éléments gamma qui pourrait être capté par les détecteurs de l’ennemi. Dans les premiers désirs de Louis, il y avait cette idée d’avoir une approche très sombre du personnage qui tentait même de se suicider en début de métrage.

L’une de mes inspirations pour les métamorphoses était par exemple le côté terrifiant de la déformation à la fin de Akira et je tenais absolument à ce côté disproportionné de certains membres. Il a donc fallu trouver un look à Hulk: le vert nous a posé quelques problèmes car nous souhaitions qu’il soit plus sombre que flashy et que le personnage ait vraiment une apparence monstrueuse. Fan de Ranx Xerox, j’ai fait deux grandes peintures dévoilant le personnage sous une forme terrible avec une toute petite tête et une gueule absolument terrible et hideuse. Les américains n’ont pas trop accroché cette approche de la laideur et la disproportion a du être retravaillée de façon à ce que le monstre de 4m50 redevienne plus abordable.


Louis adorait cette idée que Banner devait se cacher, surtout lorsqu’il était transformé, et il avait vraiment cette envie de monstre terrible tentant de se fondre dans New York, l’idée étant que l’on est jamais mieux caché que dans la foule et que Banner, tentant en permanence de se contenir, devait se contrôler pour se camoufler dans la ville la plus stressante du monde. On avait envie que la bête, à un moment, doivent disparaître de la vue de ses poursuivants alors qu’il est encore colossal, et c’est ce qui a donné cette illustration.

Pour cette illustration de Hulk écrasant le taxi, l’idée était en fait de faire de la créature une sorte de tank humain, défonçant tout ce qui passait sur son passage. Cette peinture nous a permis d’avoir une première approche sur le côté massif du monstre. Toujours cette tête à la Liberator!

Avi Arad a souhaité pendant un temps que l’on développe la dimension héroïque du monstre, celui-ci n’hésitant pas à défendre la population avec cette illustration dans laquelle Hulk protège les gens d’une éruption volcanique. Il devait se servir d’une carcasse de voiture comme bouclier et s’interposer entre la lave et les civils, la lave séchant contre sa peau.

Le dernier volet a été de travailler sur l’Abomination que l’on percevait comme un être un peu reptilien et nous ne voulions absolument pas du représentation à la Monstre du Lagon. Aussi, je suis parti sur cette idée que la créature soit recouverte d’écailles sur lesquelles des pics venimeux pouvaient se dresser comme le fait le poisson coffre.


Louis adorait cette idée que même Hulk ne pouvait pas mettre K.O une chose aussi puissante que l’Abomination. Pour la combattre, Hulk devait se faire des gants avec des voitures pour ne pas se déchirer les mains à chaque coup. Sur cette série, nous tentions de trouver quel coiffure irait le mieux au géant.


Nous voulions que le combat entre l’Abomination et Hulk soit tel, que notre héros soit vraiment mal au point à la fin du corps à corps. Il était hors de question que le personnage soit invincible aux balles ou à toute épreuve et qu’il ressorte intact à la fin du film. On avait même travaillé sur une vision plus dark de la fin, Hulk devenant une sorte de Saint Sébastien, percé de toutes parts par les piquants de son ennemi. On voulait que du sang noir coule de ses plaies et qu’il termine le duel en frappant son ennemi à grands coups de lampadaire. Sur l’une des illustrations, Hulk avait même l’oeil percé, idée qui a été très vite recalée…


Enfin, les studios souhaitaient une scène qui arriveraient à réitérer la bestialité qu’il y avait entre les T-Rexs et King Kong dans le film de Jackson. Aussi, Louis et moi avons réfléchi à une scène opposant d’un côté Hulk et de l’autre côté des ours polaires… Voici le résultat.

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