Critique-Asterix
Comme beaucoup de Français, j’ai pu assister dimanche à l’avant-première de la 4ème adaptation sur grand écran des aventures de nos 2 Gaulois : Astérix et Obélix : Au service de sa majesté.

Synopsis : 50 avant Jésus Christ. A la tête de ses glorieuses légions, César décide d’envahir ce pays mystérieux appelé Brittania, la Bretagne. La victoire est rapide et totale. Enfin… presque. Un petit village breton parvient à lui résister, mais ses forces faiblissent. Cordelia, la reine des Bretons, décide donc d’envoyer son plus fidèle officier, Jolitorax, chercher de l’aide en Gaule, auprès d’un autre petit village, connu pour son opiniâtre résistance aux Romains… Dans le village gaulois en question, Astérix et Obélix sont déjà bien occupés. Le chef leur a en effet confié son neveu Goudurix, une jeune tête à claques fraîchement débarquée de Lutèce, dont ils sont censés faire un homme. Et c’est loin d’être gagné. Quand Jolitorax arrive pour demander de l’aide, on décidé de lui confier un tonneau de potion magique, et de le faire escorter par Astérix et Obélix, mais aussi Goudurix afin de parfaire son éducation.

Cher Monsieur Uderzo,

Tout d’abord, laissez vous dire à quel point j’admire le travail, l’œuvre accomplie avec les aventures d’Astérix avec votre ami Monsieur Goscinny. Même après son départ, vous avez réussi à garder la magie intacte (on oubliera l’album « Le ciel leur tombe sur la tête »). Pour moi, ces aventures font partie intégrante de notre patrimoine culturel. D’où un certain enthousiasme à l’idée de revoir nos gaulois sur grand écran avec l’espérance que le film soit, cette fois, réussi.

Le 17 Octobre prochain sort la 4ème adaptation du petit Gaulois moustachu avec du lourd côté casting même si on sait que ce n’est pas un gage de qualité (référence à Astérix aux jeux Olympiques et son échec aussi bien comptable que critique). Aux commandes de ce blockbuster français, Laurent Tirard, qui avait réussi l’adaptation des aventures du Petit Nicolas (toujours de Goscinny).

Alors qu’en est-il de cet opus ? Et bien, Mr Uderzo vous pouvez être content, Astérix et Obélix sont bel et bien au présent et au cœur de l’intrigue, les décors magnifiques et les costumes tout droit sortis de la bande dessinée. L’idée principale d’adapter « Astérix chez les bretons », l’un des albums les plus réussis, était une très bonne chose… Le mélanger avec un autre album, en l’occurrence « Astérix et les Normands », en est une autre et c’est là que ça se gâte.

En effet, l’adaptation de cette seconde BD n’apporte rien à l’histoire si ce n’est de la longueur (j’y reviendrai plus tard). Les innombrables sous-intrigues inutiles nous feront presque oublier la mission principale de nos Gaulois : livrer un tonneau de potion magique à un village d’irréductibles bretons assiégés par les troupes romaines de César.

Et ce problème en rejoint un autre concernant la multiplication des personnages en 3 catégories. La 1ère est celle des personnages secondaires sous-exploités (le voleur de tonneau incarné par Michel Crémadès ou un Abraracourcix joué par « je ne sais qui » au costume Low-Cost). La seconde catégorie est celle des personnages secondaires mal joués. Gérard Jugnot aura du mal à nous faire oublier le punch de Bernard Farcy en Barbe Rousse (dans Astérix : mission Cléopâtre), idem pour Catherine Deneuve (la reine Cordélia) qui se contente de faire le minimum syndicale sans apporter le moindre rictus chez le spectateur. Le rôle de Charlotte Le Bon, l’ex miss météo de Canal, ne sert strictement à rien (tout comme son jeu). Valérie Lemercier (la gouvernante Miss Macintosh) est en dessous de ce qu’elle peut offrir. La faute au scénario, à la direction d’acteur ou peut être les deux ?

La dernière catégorie, « je suis là mais si on m’avait pas inclut dans l’histoire ça aurait été mieux », est la plus importante. Prenons l’exemple de Vincent Lacoste. « Le beau gosse » a, certes, quelques répliques faisant mouche mais n’apporte rien à l’histoire principale. Je peux même dire qu’Idéfix aurait pu du le remplacer afin d’apporter plus à l’histoire (ouch, méchant le gars qui écrit la critique… Méchant MAIS réaliste). Bouli Lanners joue Grossebaf, le chef des Normands, et son comparse Tetedepiaf incarné par Dany Boon (qui fait…du Dany Boon, même s’il le fait très bien) sont bons mais…. Mais ces 3 personnages issus de l’album « Astérix et les Normands » ne servent qu’à casser le rythme du film. « Astérix chez les Bretons » est un album assez riche pour en faire un long métrage alors quelle est la raison qui a poussé les scénaristes à le mélanger avec un second album ?

Asterix et Obelix Au service de sa Majeste - Telerama

Ce problème de sous-intrigues et de boulimie de personnages donnent, du coup, naissance à un 3ème problème. 1h47 !! C’est la durée de ce film clairement destiné aux enfants… Ce n’est pas un peu de trop surtout pour nos petits bouts (et pour les parents aussi…) ? Surtout quand un film manque de rythme et de dynamisme ?

Le dynamisme, parlons en pour ce qui est des acteurs principaux. Nous avons un Jules César qui ne récoltera pas des lauriers (l’auteur de cette critique est content d’avoir placé son jeu de mots rigolo). Alors qu’on aurait pu avoir un empereur romain zinzin à la Luchini, ce dernier semble ne pas savoir ce qu’il fait là et perd sa saveur. Guillaume Gallienne (de la comédie française…) nous ennuie tout simplement. Edouard Baer campe un Astérix manquant de punch, pas assez teigneux et qui oublie parfois de plier ses genoux pour ne pas paraitre plus grand que son copain Obélix. Tiens, je n’ai pas encore parlé du livreur de menhir, peut être LE seul bon point du film. Depardieu EST Obélix (et pas que pour la 4ème fois). Il est le seul à savoir faire vivre son personnage et à nous faire rire.

Superbe transition pour ce dernier point, le point faible du film : c’est l’humour ! Il y aura des gags qui nous feront sourire, mais on ne retrouve pas le grain de folie que nous avions dans les bandes dessinés. D’ailleurs, dans aucune des précédentes adaptations nous avions retrouvé cela…. Excepté la version d’Astérix de Chabat. Version que vous avez fortement dénigré Monsieur Uderzo, prétextant que Chabat s’éloignait de la BD d’origine (pas faux sur certains points mais à comparer à autres…). Astérix contre César ne s’en était pas éloigné avec des costumes voulu plus réels ? Et les araignées sortant de la bouche d’Astérix au cirque ? Et les 30 Falbala et Obélix à la fin ? Et Astérix aux jeux olympiques… Avec une figuration des 2 Gaulois, préférant les guests… ?!? Quand à Astérix et Obélix : Au service de sa majesté qui reprend certains gags utilisés par l’ex Nul (clin d’œil à Star Wars ou aux deux bretons tapant la discute calmement) en moins réussis et dénature quelque peu Astérix et l’humour égaré, difficile de comprendre que vous avez été ravi du résultat.

Vous l’aurez compris, Astérix et Obélix : Au service de sa majesté est aussi long et brouillon que son synopsis et manque de dynamisme, d’un brin de folie dans l’interprétation, et d’humour cher à nos amis gaulois. Et même si cette comédie familiale est au dessus de Astérix contre César et Astérix aux jeux olympiques, il reste loin, très loin derrière Astérix : Mission Cléopâtre.

Et c’est donc là le but de ma lettre qui vous est destiné Monsieur Uderzo : soit vous continuer à faire fonctionner la pompe à fric qu’est devenu Astérix au détriment de votre œuvre et en continuant à décevoir les lecteurs, soit vous arrêtez de donner les droits ciné à des gens qui ne savent pas y faire et redonnez aux gens comme Chabat, amoureux et connaisseur, le crédit qu’ils méritent afin d’offrir un éventuel 5ème opus digne de ce nom (mais il sera peut être trop tard dans le cœur des lecteurs et spectateurs)…je demande votre pardon ?

Cordialement, un fan déçu.

La note :

★★☆☆☆


Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté -… par Lyricis