Essai : Dacia Sandero 1.4 MPI 75 Laureate
Coup de maître
Malgré un physique pas franchement avantageux, la Dacia Logan a dépassé les espoirs de ventes les plus fous. Après avoir écoulé plus d’un millions d’unités, le tandem franco-roumain Dacia remet donc le couvert avec Sandero, une compacte au look autrement plus actuel. Nouveau coup de maître en perspective ? Réponse dans quelques mois…
Vous vous souvenez du fameux slogan « ça ne marchera jamais » que nous avait pondu Renault il y a quelques années ? Sans vouloir faire de mauvais esprit, cela résumait à la perfection ce que je pensais à la sortie en concession de la Dacia Logan. Ok elle n’est pas chère, ok elle est spacieuse, ok elle roule bien, mais qu’est-ce qu’elle est moche ! Comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, j’ai essayé et j’ai compris les raisons du succès : à part le look, elle est parfaite…
Enfin belle
La Sandero arrive donc en corrigeant le défaut principal de sa grande sœur. Outre des lignes bien plus harmonieuses, elle s’offre une carrosserie bicorps d’avantage en rapport avec la demande du marché français. Adieu les sobriquets désobligeants, la Sandero est une compacte équilibrée qui se fond dans la mouvance actuelle, d’un gabarit proche d’une Clio ou d’une 207. L’habitacle a progressé en qualité par rapport à la Logan, même si les plastiques et les tissus restent toujours en retrait par rapport aux cousines de chez Renault. Normal me direz-vous, il faut bien rogner sur certains détails pour pouvoir proposer une auto de 4m02 à moins de 8000 euros !
Pour les équipements, 4 finitions sont au programme : la version de base Sandero, Ambiance, Lauréate et Prestige. Si les deux premières apparaissent un peu chiches au niveau de la dotation, les deux suivantes sont complètes, avec les vitres électriques, ou l’ordinateur de bord. La finition Prestige reçoit en série la climatisation, la radio CD, les jantes alu, un habitacle bicolore ainsi que le volant cuir.
Bonne à tout faire, la Sandero surclasse la Clio III en terme d’habitabilité, avec en prime un coffre de 320 litres qui fait d’elle une authentique petite familiale.
Techniquement, le châssis surélevé et renforcé de la Logan est toujours de la partie ; l’auto étant prévue pour les routes souvent caillouteuses des pays émergeants, la solidité est de mise. Sous le capot, il faut pour l’instant se contenter des deux blocs essence MPI, la variante dCi n’étant programmé qu’en 2009. L’acheteur a donc le choix entre le 1.4 75 ch et le 1.6 90 ch, des moteurs à la puissance suffisante pour une auto ne dépassant pas la tonne à vide.
Nous avons effectué cet essai avec une Sandero 1.4 en finition Lauréate. Sièges et volant réglables en hauteur, direction assistée, vitres et rétroviseurs électriques : difficile de réaliser que l’on évolue à bord d’une authentique lowcost qui s’échange au prix d’un scooter 500 Tmax !
Toujours sérieuse
Comme dans la Logan, les premiers tours de roue mettent en avant un confort de roulement de très bonne qualité. Insensible aux défauts de la route, la Sandero préserve les vertèbres sur les raccords de goudron sans le moindre claquement de suspension. Le rapport poids-puissance étant correct, les 75 ch suffisent à s’insérer dans le traffic, d’autant que les 3 premiers rapports de boîte sont assez courts. Cette impression de nervosité s’estompe hélas sur route, avec des reprises pénalisantes lors des dépassements. Si le 1.4 est parfait pour les trajets urbains, le 1.6 conviendra mieux pour les sorties du week-end, en famille. Comptez environs 8 litres de consommation en usage normal, 6 sur route et 10 en ville. Je vous l’accorde, on trouve mieux chez les autres sur ce chapitre, mais c’est cher, beaucoup plus cher !
Sans surprises, le comportement routier reste au dessus de tous soupçons. Emprunté à la Clio II, le train avant rend la conduite plaisante, avec un bon retour d’informations. Même privée de la moindre « béquille électronique » (hormis l’ABS), la Sandero reste neutre et prévenante, le freinage est efficace et les prises de roulis limitées. Seuls les sièges ternissent quelque peu cette belle prestation d’ensemble, avec un maintien du corps quasi-inexistant en courbe, le genre de détail idéal pour finir sur les genoux de sa passagère en moins de deux… Il faut toujours voir les choses du bon côté, telle est ma devise…
Succès programmé
Loin du tape à l’œil et du clinquant, la Dacia Sandero se prépare à vivre une carrière au moins aussi exemplaire que celle de sa devancière. Bien dessinée, sûre et confortable, elle laisse ses plus proches concurrentes à des années-lumière d’un point de vue tarifaire, au risque de faire de l’ombre à la Clio et à la Twingo.
Par Fred « Slobodan » Rouvier
Photos Thierry « Je l’ai pas reconnu » Santoni
Article a retrouver dans le Magazine AutoRide et sur le Blog Officiel d’AutoRide !





















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